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Biographies

RÉSUMÉS

Julien Blackburn, animateur, formateur et thérapeute

Les hommes, les rêves et l’intimité 

Pour la majorité des hommes, exprimer ses sentiments, s’intéresser à ses rêves, être en contact profond avec soi, constituent un attrait, une fascination ou une dimension qui fait peur.  Nous sommes ici sur le terrain de l’intimité avec soi qui rend possible l’intimité avec l’autre. Pour l’homme, cet espace est révélateur de certains défis et enjeux, dont plusieurs se rapportent à sa propre polarité féminine et à sa relation avec les femmes. De plus, il dévoile son rapport à un code appris de la masculinité (l’ensemble des règles sociales ou culturelles), l’invitant à préserver une image d’indépendance et d’invulnérabilité, qui, malheureusement, l’isole au lieu de faciliter la  relation. 

Ma propre expérience avec mes proches et les groupes d’hommes que j’anime depuis huit ans, me révèle que de plus en plus d’hommes font ce chemin du retour à soi. Je vois un grand besoin d’apprivoiser, d’explorer et d’intégrer  progressivement leur monde intérieur.  En ce sens, le langage symbolique ( images, dessins,  rêves) s’avère un moyen privilégié  pour les amener à mieux se connaître, à découvrir et à se réapproprier leurs facettes intérieures dans le but de se laisser davantage ressentir, de s’ouvrir et de partager avec d’autres leur propre vécu. Ainsi le rêve est-il utilisé comme piste de guérison et d’unification des  polarités en soi. 

Pour les hommes, ce chemin d’intégration de leur polarité féminine représente un espoir menant à plus d’intimité relationnelle ainsi qu’à une conscience plus élargie de leur  participation à l’unité de toute vie. 

 

Paule Boucher, Denise Cardinal et Micheline Bacon

Les rêves pour clarifier la mission personnelle 

Cet atelier présenté par des animatrices certifiées de l’École internationale de rêves Nicole Gratton va démontrer l’importance des rêves en relation avec la mission personnelle.  

Que ce soit pour identifier, vérifier ou solidifier la mission de vie, l’activité onirique offre un moyen simple d’y accéder. En période de changements planifiés ou imprévus comme la perte d’un emploi, les rêves sont un outil pour comprendre les causes passées, s’adapter aux conditions présentes et opter pour les meilleurs choix futurs. Lors d’un changement de carrière ou d’une retraite qui s’amorce, les rêves révèlent des talents cachés, des aptitudes à développer ou un potentiel à exploiter. 

Les rêves sont aussi des indicateurs précieux pour bénéficier d’une perspective élargie des expériences quotidiennes. Si un changement se présente dans la vie éveillée, un rêve bilan offrira alors un aperçu des conséquences futures.  Devant une décision importante à prendre, le rêve informatif pourra guider vers les bons choix. Il suffit de questionner la conscience onirique, celle qui veille pendant le sommeil. La technique consiste à formuler un « postulat de rêve » qui précise la nature de la demande. Cette méthode d’induction de rêves provient d’un passé lointain et dans la Grèce antique elle se pratiquait dans les temples du rêve. En voici des exemples : «Cette nuit, je reconnais le talent avec lequel je peux servir l’humanité. -  Cette nuit, je vais découvrir ma vraie passion. - Cette nuit, je connais la prochaine étape dans ma mission personnelle.» 

Au réveil, il suffit de noter les images ou les scénarios de rêves. Une fois que certains indices sont identifiés grâce à l’analyse, il suffit de faire des liens avec les préoccupations de la veille. Ensuite, on tente de capter une vision claire des résultats potentiels et en dernière étape, essentielle à l’actualisation de la vision, il faut passer à l’action.  

Découvrir sa mission personnelle est une démarche enrichissante pour apprendre à se connaître, relever de nouveaux défis et développer des aptitudes cachées.  La vision globale qu’offre le rêve permet d’éclairer le parcours de vie. Les scénarios oniriques illustrent le positionnement de chacun en relation avec sa raison d’être.  

 

Paule Boucher   Analyse de rêves avec la technique intuitive

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Jessica Lara 

Impact des émotions oniriques sur l’adaptation émotionnelle à des stimuli affectifs standardisés 

Alors que la plupart des études cliniques suggèrent que le sommeil paradoxal (SP) et les rêves seraient associés à un processus d’adaptation émotionnelle (AE), les études expérimentales ont produit des résultats contradictoires. Nous avons investigué l’impact des rêves et d’une privation de SP sur l’AE à des photos négatives standardisées.   

Quarante participants en santé (20 privés de SP, 20 non privés de SP) ont passé 1 nuit d’adaptation et 1 nuit expérimentale en laboratoire. Les réveils expérimentaux ont débuté à partir de la 3ème période de SP, soit après 5 minutes de SP pour le groupe privé de SP et après 25 minutes de SP pour le groupe non privé de SP. Une heure avant le coucher et  une heure après le réveil final de la          nuit 2, les participants visionnaient 36 photos neutres et 36 photos négatives et évaluaient la valence et l’intensité des émotions ressenties sur une échelle de type Likert à 9 points. Des scores d’AE aux photos négatives ont été calculés pour chacune de ces échelles. De plus, à chaque réveil expérimental, les participants évaluaient les affects oniriques sur ces échelles de même que sur des échelles de type Likert à 5 points mesurant l’intensité de 9 émotions différentes.  

Les participants les plus privés de SP (n=10) tendaient à avoir un meilleur score d’AE sur l’échelle d’intensité que les participants les moins privés de SP (n=10) (t(18)=1.89, p=.075). Les participants ont aussi été divisés en deux groupes d’AE (faible et élevée) sur les échelles de valence et d’intensité. Une MANOVA avec les 9 émotions oniriques comme mesures dépendantes multiples révèle que les groupes d’AE tendaient à se distinguer sur l’échelle de valence (Trace=.41, F(9, 28)=2.16, p=.058).  De ce fait, les participants bien adaptés rapportaient moins de tristesse dans leurs rêves         (F(1, 36)=10.40, p=.003).

Bien que très peu de résultats aient atteint un niveau statistiquement significatif, ils suggèrent tout de même que les rêves et le SP agissent indépendamment sur différents aspects de l’AE lorsque des stimuli négatifs sont présentés à deux reprises avec une nuit d’intervalle. Ainsi, la prédominance d’émotions oniriques négatives pourrait nuire à l’AE au niveau de la valence, alors que la privation de SP pourrait contribuer à la diminution de l’intensité émotionnelle d’une présentation à l’autre. 

 

Catherine Charneau Simard, BA, Dominic Beaulieu-Prévost, M.PS, PhD, et Antonio Zadra, PhD  

Que pensent les gens à propos des rêves? Identification de profils de rêveurs en fonction de leurs attitudes et croyances 

Dans les études sur les rêves, l’attitude et les croyances des individus sont généralement mesurées selon une seule dimension soit « l’intérêt envers les rêves ». Cette simplification est très rudimentaire et omet de prendre en considération les différentes relations que les gens peuvent entretenir envers leur vie onirique. Le but de cette étude était de développer un questionnaire permettant (1) de capturer ces différentes relations et (2) d’explorer les liens existant entre ces dimensions et les variables relevant du rêve, de la personnalité et du bien-être.  

Les participants (n = 725) ont d’abord complété l’ Inventory of Dream Experience & Attitudes, un questionnaire comprenant 80 items reliés aux attitudes et aux croyances que les individus peuvent entretenir envers les rêves. Par la suite, un sous-groupe de participants (n=327) ont complété des tests de personnalité (Boundary Questionnaire, Differential Personality Questionnaire : Absorption Scale) et de bien-être (Beck Depression Inventory, Nightmare Distress Questionnaire, State Trait Anxiety Inventory (STAI)) ainsi que le Questionnaire rêves et sommeil.  

Une analyse factorielle exploratoire a été effectuée avec l’Inventory of Dream Experience & Attitudes afin d’en faire émerger les dimensions d’intérêts. Ainsi, sept facteurs ont été dégagés :           (1) intérêt envers les rêves (2) teneur du contenu onirique (3) ampleur du rappel onirique (4) réticence face aux rêves (5) aspect ludique des rêves (6) continuité avec la vie éveillée (7) aspect surnaturel des rêves. Ces facteurs ont ensuite été examinés en fonction de leur relation avec des variables de personnalité et de bien-être. Des corrélations substantielles avec le Nightmare Distress Questionnaire ont été trouvées pour les facteurs 1 (r = .32), 2 (r = -0.34), 3 (r = 0.32), 4 (r = 0.44) et 6 (r = 0.34). Une corrélation substantielle avec le STAI a été trouvée pour le facteur 2 (r = -0.36). Une corrélation substantielle avec le Boundary Questionnaire a été trouvée pour le facteur 5 (r = 0.43). Des corrélations substantielles avec l’Absorption ont été trouvées pour les facteurs 5 (r = 0.35) et 7 (r = 0.30). Finalement, la fréquence rétrospective de mauvais rêves (r = -0.35) et de cauchemars (-0.36) était corrélée substantiellement avec le facteur (2). Ensuite, une analyse de classification a permis d’identifier quatre profils de relations à la vie onirique, soit: (I) une relation d’attrait, (II) une relation de désintérêt, (III), une relation d’évitement ainsi que (IV) une relation de divertissement. 

Une évaluation multidimensionnelle permet d’apporter un éclairage beaucoup plus précis sur les diverses croyances et attitudes que les gens entretiennent envers leur vie onirique. Ces facteurs sont reliés à différentes réalités relevant du rêve, de la personnalité et du bien-être et permettent de dégager des profils de relations à la vie onirique très différents les uns des autres. Ainsi, il est permis de croire que l’étude des croyances et attitudes envers les rêves, permettra d’approfondir notre compréhension des relations entre vie onirique et vie éveillée.

 

 Pierre Clément, psychiatre  

Les émotions comme constitutives de l’image onirique  

Cette hypothèse a pour objectif de montrer que les émotions diurnes ont un rôle capital à jouer dans la formation de l’image onirique. L’hypothèse emprunte sur des données en recherche clinique démontrant que la perception visuelle en état d’éveil est composite; elle est le résultat d’un rapport de correspondance entre deux inputs différents, à savoir les perceptions sensorielles bottom-up et les images mémorisées top-down. À défaut d’inputs sensoriels provenant du monde externe, le rêve utilise des restes émotifs diurnes comme inputs. Ces derniers établissent par la suite un rapport de correspondance avec des images stockées en mémoire pour constituer l’image finale du rêve telle que perçue par le rêveur. Or, ce type de correspondance est à l’origine de certains des effets de distorsion que l’on rencontre dans le rêve autant des côtés de l’image et de l’émotion que de celui de l’enchaînement narratif.  

Voici en résumé les caractéristiques des rapports de correspondance entre restes émotifs diurnes et images mnésiques : 

o        Les restes émotifs diurnes et les images mnésiques sont liés au moyen d'un rapport qui annule leurs différences et qui forme une perception onirique cohérente.

o        L’inclusion des restes émotifs et des images mémorisées dans l'image finale du rêve est simultanée. Elle fait en sorte que les émotions dénaturent la qualité des images et que les images dénaturent les caractéristiques des émotions.

o        Les restes émotifs et les images s'intègrent pour former une perception onirique cohérente mais ceux-ci sont toujours prêts à se détacher pour former à nouveau des unités nouvelles.

o        En ce qui a trait à la dimension narrative du rêve, avant qu’ils ne s’attachent aux images mémorisées, les restes émotifs diurnes se raccordent entre eux pour former une chaîne linéaire.

o        À leur tour, ces chaînes linéaires émotives servent de modèle pour dupliquer une chaîne d'images qui leur correspond. Les deux chaînes combinées produisent le rêve dans sa dimension narrative.  

 

Guy Corneau  

Rêves de sens, un témoignage personnel 

Toute ma vie, j’ai cherché le sens des rêves pour finalement découvrir que les rêves donnaient du sens à notre vie. Je désire consacrer cette conférence au sens de la maladie et des rêves qui   l’accompagnent. Toute maladie du corps est aussi une maladie de l’âme. Le lien entre la psyché et l’incarnation est affaibli et l’organisme en témoigne fidèlement. La découverte de ce sens n’est pas toujours aisée et les rêves sont une aide précieuse pour connaître ce qui s’est noué au niveau psychique et qui a sombré dans le corps.  

Cette conférence ne fera état d’aucune étude ni d’aucune recherche en laboratoire, elle relatera mon propre passage à travers le cancer et se concentrera sur quelques rêves particulièrement significatifs qui m’ont accompagné, donnant du sens à une maladie et à des traitements qui souvent paraissaient ne plus en avoir. J’y parlerai aussi des visualisations conscientes que j’ai utilisées pour favoriser ma guérison ainsi que de la réalité imaginaire que j’ai construite pour arriver à transformer mes états intérieurs pendant ce passage périlleux.

 

Katia Daudelin, Manon Lévesque, Lucie Robin, Marie-Thérèse Clermont, Bertrand Petit  

Et si les rêves servaient à nous éveiller... 

Cinq animateurs de L’Arc-en-ciel proposent une réflexion sur la façon d’utiliser les rêves dans une démarche spirituelle. Comment se servir de ses rêves, souvent ordinaires,  pour retrouver sa nature véritable et vivre en unité avec la vie ? 

Les rêves dans une démarche spirituelle - Katia Daudelin 

Si l’on pense aux rêves qui devraient accompagner un cheminement spirituel, on peut imaginer de grands rêves;  rêve d’initiation, mariage sacré, grandes forces de la nature, musique céleste, rois et reines, mandala, trésors fabuleux, traversée ou passage d’un seuil, ou encore, rêves lucides… Voilà des rêves qui en valent la peine et qui nous confirment que l’on est sur le bon chemin ! 

Mais les rêves ordinaires, ceux où l’on vit de petits inconforts, de légers conflits, ceux où l’on est en bataille, où l’on est en colère, où l’on a peur ou bien honte, ceux qui nous laissent un peu mal à l’aise parce qu’on s’y sent divisé, ces rêves-là, peuvent-ils nous aider ? 

Si le but de toute démarche spirituelle, est de retrouver l’union avec la vie, de reconnaître notre véritable nature, chaque rêve est une occasion de se mettre en  accord en soi-même. 

Depuis le début de ma démarche intérieure, les maisons sont présentes dans mes rêves. Elles se sont transformées en même temps que je me transformais moi-même, elles ont participé à ma transformation comme j’ai participé à la leur. Dans ces maisons,  j ai fait du ménage, j’ai repoussé des envahisseurs,  j’ai découvert des pièces insoupçonnées jusqu’à y être vraiment chez moi.  

Un rêve, ça ne change pas le monde, sauf que… - Manon Lévesque 

Lors de la rédaction du livre Et si les rêves servaient à nous éveiller…, la perception que j’avais de la réalité et de moi-même s’est profondément transformée.  Après une série de rêves conscients portant sur l’abandon, la chute et l’angoisse, j’ai fait un rêve qui répondait à des questions fondamentales que je me posais.  Je rêve que je suis devant une image, celle d’un garage. Une voix m’indique que c’est  un symbole de l’inconscient.  À ce moment-là, non seulement je me rends compte que je rêve, mais je choisis d’entrer dans cette image.  Ce faisant, j’entre dans la sensation de marcher, de respirer jusqu’à ce que la photo me semble réelle.  Je suis maintenant dans une entrée de garage et j’y vois ce que contient l’inconscient.  En un instant, je saisis ce qu’est le rêve et  ce qui en détermine le contenu.  Je comprends qui rêve et comment m’éveiller.    

Au réveil, je me sens bouleversée de ce que je comprends et je reste avec la question : qui  suis-je?  Ma communication portera sur cette expérience intime du rêve et sur ce que j’y ai découvert. Je conclurai sur les transformations suscitées par cette prise de conscience et sur ce qu’il en reste après dix-sept ans.      

Suivre le fil de nos désirs - Lucie Robin 

Les désirs sont là, dans nos vies, et nous habitent avec plus ou moins d’intensité, de fréquence, d’émotions… Les désirs sont une manifestation de notre feu intérieur.  S’y intéresser, c’est nourrir notre feu, notre énergie de vie.  Nous avons tous l’expérience d’un désir qui s’est réalisé, avec plus ou moins de facilité. Au moment précis de sa réalisation, nous avons probablement éprouvé une sensation de plénitude, de joie, de paix, de contentement… C’est cet état que nous recherchons et souhaiterions voir durer. Les désirs sont  donc un moyen, un fil à suivre, pour retrouver cet état. S’y intéresser dans le cadre de notre démarche spirituelle permet de mieux nous connaître, de mieux voir comment  notre énergie est utilisée et de faire des choix plus éclairés qui vont dans le sens de notre plus grand but. 

Certains désirs nous paraissent plus difficiles à réaliser que d’autres.  Ils peuvent être liés à une blessure, à un manque, à une peur, à un souvenir désagréable… Et nous devenons ambivalents, en bataille avec nous-mêmes. Voir plus clairement les fondements de nos désirs et les obstacles qui empêchent leur réalisation permet alors, non seulement de concrétiser nos aspirations, mais aussi d’élargir nos frontières et de soutenir notre quête de liberté, de conscience. 

Nos rêves de nuits nous donnent un éclairage privilégié sur nos désirs affirmés et sur nos espoirs inconscients, parfois contraires. Ils nous informent sur ce que nous avons appris et répétons malgré nous. Ils nous parlent de ce que nous tentons de préserver, souvent à notre insu, et qui limite aujourd’hui notre expansion.   

Nourrir notre aspiration au bonheur en suivant le fil de nos désirs peut donc mener, au-delà de l’appris et du connu, à cet espace intérieur où nous pouvons reconnaître notre essence profonde. 

          Adolescents et jeunes adultes : en quête de soi - Marie-Thérèse Clermont et Bertrand Petit 

Depuis cinq ans, nous accompagnons les jeunes de 17 à 25 ans au travers d’un processus les conduisant à faire face à leur vie adulte de façon plus consciente. Cette démarche comprend plusieurs rencontres portant sur des thèmes précis, et culmine dans un rite de passage. Tout au long du processus, le rêve est utilisé afin de prendre conscience de réalités souvent inconnues ou insoupçonnées pour les jeunes. 

À chaque rencontre, le point de départ est donc axé sur le rêve, amenant ainsi le jeune à revoir son schème de pensée. De plus, les mises en situation et exercices qui suivent lui permettent d’expérimenter la prise de conscience soulevée par le travail effectué sur le rêve. 

Le rêve est utilisé pour clarifier le désir de chaque jeune dans le passage qu’il veut effectuer.  Les messages véhiculés dans  les rêves, l’accompagnent dans le processus de changement qu’il est en train de faire.  Il y trouve des pistes à suivre, des réponses à ses questions les plus profondes.  En fait, le  rêve est précieux pour les messages qu’il véhicule, souvent plus clairs et plus puissants dans un tel contexte.  Le travail sur les rêves est amené sous forme de questionnement, et le partage en groupe dès le matin permet d’orienter le jeune. 

Au cours de la présentation, nous illustrerons l’apport des rêves à cette démarche et comment ils contribuent à susciter des changements concrets chez les jeunes.  L’ouverture ainsi créée incite plusieurs d’entre eux à poursuivre le cheminement entrepris, plus conscients de ce qu’ils sont et de ce qu’ils ont à offrir.   

 

Gayle Delaney, PhD   

Comment la nuit porte conseil sur les rapports intimes 

Nos rêves apportent régulièrement et ponctuellement des conseils à différentes étapes de nos relations sexuelles, romantiques et maritales. Ces informations incluent des perceptions étonnantes sur les véritables motifs derrière nos choix sages et moins sages en rapport avec un partenaire, nos actions justes et erronées du début de la relation, la phase de découverte des conflits et des forces d’une relation en développement, de même que le besoin de restructurer, amplifier ou terminer cette relation. Et si nous devons y mettre fin, les rêves nous incitent à recommencer de nouveau, cette fois avec davantage de vigilance. 

Nous allons discuter des rêves qui offrent une perception intime des stades de la relation romantique : la recherche, la rencontre, la déception, le rejet, le développement durant les trois premières rencontres, l’évolution durant la période de découverte des six premiers mois, les réalités inconfortables de l’année suivante, la décision de poursuivre ou de terminer la relation, la vie à deux, le mariage, le divorce et le recommencement. Nous devons prendre en considération combien les rêves spontanés et les rêves induits peuvent aider les amoureux à composer avec les aspects reliés à la confiance, à l’intimité, aux émotions et à la compatibilité érotique ainsi que le désir commun de l’union ou de la séparation.   

Tout au long de la conférence, nous allons regarder comment, grâce à l’investigation de nos rêves, nous pouvons contacter une ressource intérieure surprenante et riche qui utilise nos expériences passées, dans le but de reconnaître et modifier heureusement des comportements que l’on répète inconsciemment et qui conduisent à notre péril et à celui de notre partenaire ! 

 

Daniel Deslauriers,  PhD  Prof. 

Rêves et champ intersubjectif : multiplicité, réciprocité et duplicité 

La notion d’intersubjectivité met en valeur le fait que le «soi » (the Self) est le fruit d’une constante participation avec les autres, tant au point de vue cognitif qu’émotionnel. Dès le moment où l’on partage son rêve avec d’autres par l’entremise du langage, le rêve cesse d’être strictement privé et fait dès lors partie d’un espace relationnel et intersubjectif. 

L’approche intégrale ne porte pas seulement attention à la dimension subjective du rêve mais aussi au contexte intersubjectif (conscient ou inconscient) et de collaboration qui nourrit la quête de sens. Une approche intersubjective (qui fait appel au «nous » au-delà de la perspective du "je"), nous donne une vision spéciale de la connaissance puisqu’elle met en jeu une panoplie de phénomènes et d’importantes mises en pratique. Cette présentation explore l’étendue des phénomènes liés à l’intersubjectivité lors du partage du rêve en dyade ou en groupe : projection, définition de limites interpersonnelles, transfert et contre-transfert. On parlera aussi des contextes culturels qui, soit encouragent, ou encore invalident le partage du rêve. Une discussion sur les dimensions moins reconnues du partage du rêve, en partant d’un exemple tiré du milieu du travail, nous fait voir comment le rêve peut transformer une dynamique de groupe et prendre une valeur quasi-thérapeutique. 

Claude Desloges   

L’Odyssée d’Homère: une carte du voyage intérieur 

Au cours de cet atelier, nous ferons l’expérience d’une approche dans laquelle  nos propres rêves, les mythes et les événements de notre quotidien créent un fascinant jeu de miroirs qui nous révèlent à nous-mêmes. L’Odyssée d’Homère sera utilisée comme métaphore de la quête spirituelle et nous guidera dans notre propre voyage de retour à Soi. 

Pour le mythologue américain Joseph Campbell, les mythes sont les grands rêves de l’humanité. Pouvons-nous alors les aborder comme nous le ferions pour un rêve personnel ? Dans ce cas, que nous dirait, l’Odyssée,  composée il y a plus de 3 000 ans et qui chante les aventures d’Ulysse au cours de son voyage de retour à Ithaque ? Que peut-elle nous révéler de notre voyage à nous, à travers notre propre quotidien ? Pouvons-nous reconnaître ces personnages, dieux, déesses, peuples aux mœurs étranges qu’Ulysse rencontre sur son chemin ? Les croisons-nous nous-mêmes sur notre route ? Athéna, Circée la magicienne, le cyclope, Calypso, les sirènes au chant envoûtant ? Comment se manifestent-ils à travers les différents symboles de nos rêves ? Quel est leur message ?  

Cet atelier est une invitation à pénétrer dans la « maison aux miroirs » pour aborder les situations de la vie quotidienne avec l’attitude du chercheur curieux, à questionner ses rêves, à interroger le mythe. Qu’est-ce que j’ai à apprendre de cette situation? Que me dit-elle de moi ? Que me reflète le rêve ? Que m’apporte la perspective plus vaste du mythe ? Dans le dialogue qui s’établit entre le quotidien, le rêve et le mythe, notre vie devient une véritable odyssée, une aventure fabuleuse de découverte de soi, pour remonter jusqu’à la source de ce que je suis, en réalité.

 

La présentation sera illustrée d’exemples personnels et de l’expérience acquise au fil des ans dans le travail individuel et en groupe fait à l’Arc-en-Ciel. Nous ferons une brève incursion dans l’univers de l’Odyssée et chacun sera invité à expérimenter pour lui-même de façon à découvrir la richesse de son propre univers intérieur

 

 

Laurette Dupuis, M.A.

Le rêve, un des quatre états de l’évolution de la conscience selon la Mandukya Upanishad

         

La Mandukya Upanishad, un texte sacré de l’Inde ancienne, décrit quatre états de conscience :  l’éveil, le rêve, le sommeil profond et turya, c’est-à-dire la conscience transcendantale. Cette Upanishad  enseigne comment le mantra « AUM » révèle la connaissance de ces quatre états de conscience et comment, en progressant d’un état à l’autre, nous avançons vers le but de notre évolution, soit turya, l’union au Soi.  Turya est cet état de félicité souvent décrit par les grands êtres ayant vécu dans différentes parties du monde au cours des âges.

         

Cette présentation explore ces quatre états de conscience en se référant aux traductions et commentaires sur la Mandukya Upanishad d’auteurs hautement respectés tels que Swami Nikhilananda, Radhakrishnan et Swami Sivananda, Pierre Feuga et Paul Deussen.  Parallèlement, nous ferons un rapprochement avec les plus récentes  recherches sur le sommeil et le rêve.  Il est intéressant de noter que bien que cette Upanishad date de plusieurs milliers d’années, la recherche scientifique sur les états de conscience du sommeil et du rêve, telle que nous la connaissons à l’Ouest, n’est encore que très récente.  Quant au sommeil profond, son exploration n’en est encore qu’à ses balbutiements.

         

Un apport récent sur le sommeil profond nous arrive récemment des connaissances du Tibet avec la perspective que nous présente Tenzin Wangyal Rinpoche dans « Yogas Tibétains du rêve et du sommeil ».  Celle-ci permet d’apporter certaines précisions sur la compréhension que nous avons du sommeil profond.  

 

 List Fradet  

Rêves, tableaux, séries et histoires de vie 

Je suis une artiste en arts visuels et j’enseigne parallèlement à ma pratique.  Mon parcours dans ces domaines m’a permis de développer des conférences et des ateliers destinés à une clientèle qui s’interroge sur le sens souvent dissimulé.  Dans mon approche artistique, psychologique et spirituelle, le sens émerge des profondeurs de l’être par un mystérieux sentiment de reconnaissance en soi qui éveille.   

Sur la toile, des fragments, qui se rapportent à un vécu interne, sont extériorisés. De l’abstraction, des figures sont délimitées.  Écrire en fonction des résonances, permet de préciser le sens qui parvient à la conscience.  Les contenus sont ainsi symbolisés. 

Ce travail d’introspection par le biais de la picturalité, fait penser au travail d’interprétation des rêves.  Pour bien comprendre et interpréter un rêve, il est recommandé de le méditer.  Une des idées de C. G. Jung était de méditer le rêve comme un joyau ou un diamant, et de le faire tourner pour voir chaque facette.  En connexion, je procède de façon similaire pour découvrir la signification profonde de mes tableaux, en considérant la série dont ils font partie.  Le fil conducteur est ainsi palpable au travers des motifs picturaux qui s’entrelacent créant ainsi des thèmes significatifs.  Les sujets picturaux en interaction, ouvrent sur une signification plus vaste des contenus symboliques. Ici, les séries de rêves peuvent être comparées aux séries de tableaux qui se rapportent, par fragments, aux histoires de vie.  

 

Patricia Garfield, PhD  

Rêves et créativité 

Le Dr. Garfield démontre comment des rêveurs célèbres ont transformé leurs cauchemars ou leurs rêves exceptionnels en œuvres artistiques. Elle présente, étape par étape, la méthode utilisée par ces grands rêveurs pour favoriser des transformations. 

Dans tous les domaines des arts et de la science, des rêveurs réputés ont réussi à tirer de leurs rêves des inspirations pour leurs projets respectifs. Ces rêves universels sont : être poursuivi (80%), tomber dans le vide (64%), être perdu ou piégé (58%), être nu en public (52%), être blessé, mourir, avoir un problème de véhicule, subir des dommages à la maison ou à la propriété, échouer un test, avoir un problème électronique de communication, manquer le bateau ou autre véhicule, subir un désastre naturel, se sentir menacé par un esprit, ou des versions positives de leurs rêves. 

Dans l’accomplissement de leur travail, ces rêveurs célèbres ont créé non seulement un produit utile au public, mais aussi un travail d’auto-thérapie. Une alchimie intérieure s’est mise en place grâce à leurs rêves afin de rehausser leurs vies et celles des autres. 

Tout le monde peut acquérir les mêmes habiletés puisque chaque rêveur est un poète ou un artiste dans ses propres rêves. Le Dr. Garfield apporte des exemples inspirants d’anciens et de récents rêveurs et propose d’utiliser les mêmes techniques qu’eux. Ces méthodes sont accessibles autant en travail clinique qu’en pratique d’enrichissement personnel. 

 

Nicole Gratton   

Cinq techniques d’analyse pour décoder les rêves 

Rêver est naturel et nous en bénéficions chaque nuit. Seule la mémoire du rêve varie d'une personne à l'autre. Notre culture, l'éducation reçue et les attentes personnelles influencent cette mémoire. Pour mieux découvrir les trésors cachés du rêve, il est nécessaire d’apprendre à décoder nos images ou celles de nos clients et il existe plusieurs techniques selon l’angle d’approche choisi. Cet atelier présente cinq méthodes différentes. 

Parmi les nombreuses techniques d'interprétation, en voici cinq qui permettent d’explorer le contenu onirique : l’analyse intuitive fait appel à l’intuition du rêveur ou de l’interprète grâce à la spontanéité du moment ; l’analyse associative s’oriente en fonction des associations personnelles du rêveur en reliant certaines images au vécu émotionnel antérieur ; l’analyse logique permet de faire ressortir les actions du rêve qui reflètent une situation à identifier ; l’analyse globale condense le thème général du rêve en un maximum de quinze mots ; l’analyse synthétique consiste à formuler le message essentiel du rêve en moins de cinq mots. 

Au niveau de l’interprétation du rêve, l’intelligence et l’intuition font bon ménage et deviennent des atouts majeurs pour capter le message qu’ils comportent. Les actions posées et les émotions ressenties tissent la trame d’une réalité intérieure que seul le rêveur peut saisir en la reliant à ses expériences passées, ses préoccupations présentes ou ses attentes futures. Le rêve est polyvalent et riche en informations. Il vaut la peine de s’y attarder pour mieux l’apprivoiser. 

Ensuite, afin de faciliter l’accès aux informations privilégiées qu’ils contiennent, la tenue d’un journal de rêves s’avère utile. La structure de celui-ci est importante pour la compréhension et la validation des messages reçus. Le langage du rêve est un langage d’images en apparence irrationnelles mais tellement significatives au deuxième regard. Ces images sont agencées en tableaux plus ou moins longs dont le but est d’attirer l’attention sur une information utile. Par l’ouverture et l’écoute de la petite voix intérieure, nous pouvons capter son message.

 

Nicole Gratton, Christiane Riedel et Claude Desloges

Les rêves tout au long de notre vie

 

Trois auteurs sur les rêves, Nicole Gratton (L’Art de rêver), Christiane Riedel (Rêves à vivre) et Claude Desloges (Et si les rêves servaient à nous éveiller) partagent leur vécu personnel avec les rêves pour démontrer combien ces derniers sont utiles au quotidien. À partir d’exemples de leur vie personnelle, ces trois personnes qui tiennent un journal de rêves depuis de nombreuses années, vont démontrer l’importance que les rêves ont joué dans leur prise de décision, leur adaptation au changement et leur évolution intérieure.

 

Différents thèmes seront abordés:

          1) Comment ils ont apprivoisé leurs rêves afin de les comprendre.

Les trois auteurs décriront comment ils ont commencé à travailler avec leurs rêves et ont fini petit à petit par en saisir le sens. Ces récits montreront que cette étude, comme toute étude peut être accessible à tout un chacun qui en prend le temps et le soin.

          2) Comment ils ont été soutenus en période difficile.

Chacun des intervenants pourra témoigner de la façon dont les rêves se sont manifestés dans leur vie personnelle pour les aider à traverser des épreuves, à résoudre des difficultés familiales, professionnelles ou autres. Comme le prouvent leurs propres expériences, en accord avec les recherches scientifiques actuelles, les rêves sont une activité instinctive vitale et créative, qui vient aider le rêveur dans sa vie quotidienne, pour entretenir sa santé physique et psychique dans le but de trouver des solutions nouvelles.

3) Comment ils ont été guidés dans leur vie amoureuse.

L’amour est un thème fascinant dans les rêves ! Les présentateurs vous dévoileront avec simplicité et authenticité comment les rêves les ont aidés à rencontrer l’autre, vivre avec lui, et relever les défis de la vie amoureuse.

4) Pourquoi ils continuent d’écrire leur journal de rêves.

Grâce à la tenue régulière du journal de rêves, vous verrez combien, jour après jour, ces passionnés du rêve ont été aidés à prendre des décisions et s’adapter aux changements. La fidélité à cette discipline leur assure la stabilité d’un ancrage dans la vie, et se révèle être, avec l’interprétation, l’atout majeur dans le développement de leurs ressources émotionnelles, intellectuelles et spirituelles.

 

Les témoignages révélés par ce panel de trois passionnés du rêve vous feront comprendre, à partir d’exemples de la vie personnelle, la valeur du dialogue avec l’inconscient. Vous aurez envie, vous aussi, d’être nourris par cette force que donne la relation intime avec les rêves et serez convaincus de la sagesse qui s’en dégage.

 

 

Ernest Hartmann, MD  

L’image centrale du rêve

 

Le  rêve, les lignes de démarcation (boundaries) et le poème. Je vais présenter nos recherches sur l’image centrale du rêve, comprenant les effets d’un traumatisme et ceux des attaques du 9 septembre 2001.  La seule mesure qui pouvait différencier les 440 rêves après le 9/11 versus les 440 rêves avant, était la force de l’image centrale ! Je vais  aussi  résumer les relations importantes entre le rêve et les lignes de  démarcations minces (thin boundaries).

         

Enfin je vais suggérer que le thème de l’image centrale du rêve est comme  le « corrélatif  objectif »  du poème. Les deux  expriment l’émotion du  rêveur/poète, et forment une sorte de  « pont émotionnel ».

 

 

Manon Lévesque, directrice de l’Arc-en-Ciel  

Les symboles de rêves, vecteurs puissants dans la sacralisation du quotidien

 

          En voiture, au début de la vingtaine, perdue dans mes pensées… jusqu’à ce que je voie L’ARBRE.  Ce n’est pas celui que je croise depuis plus d’un an, différent, c’est celui dont je dis : « Mais, il est vivant! ».  L’espace d’un instant, L’ARBRE dévoile une réalité cachée, une nature sacrée.   À ce moment, je me suis vécue faisant partie d’un ensemble, j’ai eu un choc, la nature était vivante et j’en faisais partie. 

 

          Quelques années plus tard j’ai commencé à travailler mes rêves et à réintégrer chacun des symboles comme des facettes de moi.  Lorsque j’ai participé à la rédaction du livre  Et si les rêves servaient à nous éveiller…  j’ai expérimenté les rêves et leurs symboles en tant que vecteurs puissants dans la sacralisation du quotidien.  

 

          Le parcours que je décris, je l’ai revu sous un angle différent en clinique d’ethnopsychiatrie pendant près de deux ans avec D. José A. Segura de l’Hôtel-Dieu du CHUM.  J’ai été à même de voir l’effet bénéfique d’intégrer la spiritualité dans les rencontres cliniques auprès des immigrants aux prises avec des problèmes divers de santé mentale.  

          Dans cet atelier, je propose de faire un survol théorique rapide avec une présentation PowerPoint d’une trentaine de minutes.  Pour l’heure qui suivra, les participants partageront un rêve, choisiront et fabriqueront un symbole.  Pour la fin de l’atelier, lors d’un rituel, ils lui donneront un caractère sacré.

 

 

Nicolas Pesant, PhD, psychologue  

À la recherche du sens des rêves : une approche intégrative

 

Malgré toute la recherche et toutes les théories qui ont été élaborées à ce jour, le rêve demeure un phénomène complexe et mystérieux. Pourtant, bien des gens ont l’intuition que les rêves recèlent une richesse nous permettant de mieux nous connaître. Le défi est de savoir comment accéder à cette richesse, surtout lorsque nous prenons comme point de départ que la signification des rêves est personnelle à celui ou celle qui les a faits et donc qu’il n’existe pas de réponse toute faite d’avance pour en expliquer le sens. Différentes méthodes dites d’« interprétation » du rêve ont été élaborées à travers les époques et les cultures. Parmi celles-ci, on retrouve le modèle cognitif-expérientiel en trois étapes (exploration, compréhension, action) de Clara Hill, qui intègre des éléments de plusieurs approches (par exemple freudienne, jungienne, Gestaltiste, phénoménologique) et dont l’utilité clinique a été vérifiée à travers une vingtaine d’études empiriques.

 

Montague Ullman, quant à lui, a été un pionnier en ce qui concerne le travail avec les rêves en groupe en développant son approche d’appréciation des rêves. Ces deux méthodes seront présentées et appliquées avec la collaboration des participants au cours de l’atelier. Une importance toute particulière sera également accordée à l’établissement d’une relation de confiance, de respect, d’humilité et d’ouverture avec le rêveur et ses rêves. Cet atelier vise donc à intégrer savoir, savoir faire et savoir être afin, non pas d’analyser le rêve comme s’il s’agissait d’un problème à résoudre, mais plutôt de se rendre disponible à ce qui émerge spontanément et de manière inattendue lorsqu’on porte attention à nos rêves sans trop imposer nos idées préconçues.

 

 

Suzanne Prévost  

Théâtre et tâche de rêve

 

Le rêveur est l’acteur, le metteur en scène et les personnages de tous ses rêves. Le rêveur est tous les rôles… sauf qu’en général il s’identifie au rôle principal, c’est-à-dire à l’ego du rêve, et oublie les autres. Avec le théâtre de rêve, il peut expérimenter un autre personnage ou un symbole (à son choix) et voir ce qu’il a à lui révéler sur lui-même, sur les émotions, sensations, force et puissance qui l’habitent puisque c’est toujours de lui-même qu’il s’agit.

 

C’est une invitation à jouer devant témoin, son propre scénario et à prendre conscience qu’il y a différentes façons de s’approprier le symbole, de le ressentir totalement, de le laisser s’exprimer (en paroles, en gestes, en danse…)  et d’avoir ainsi accès à certaines données ignorées ou niées.

 

Avec cette approche, le rêveur est encouragé à suivre son cheminement intérieur pour arriver à une  prise de conscience selon son expérience et son vécu. À partir de cette prise de conscience, il sera alors convié à l’actualiser dans son quotidien par une tâche de rêve. Il s’agira d’une action nouvelle, surprenante et créatrice, générant un changement dans sa vie. C’est ainsi que la boucle est bouclée…  le rêve change… la vie change… jusqu’au retour au Soi.

 

 

Christiane Riedel  

Comprendre les images sexuelles dans les rêves

 

Les scénarios sexuels sont fréquents dans vos rêves, mais, qu’ils soient heureux ou pénibles, ils vous surprennent toujours et avec les tabous de notre société, ils peuvent vous mettre très mal à l’aise.

Il s’agit donc, en dehors de toute interprétation traditionnelle, de regarder ces images avec un esprit neuf et naïf, pour en recevoir le sens vivifiant et décisif. Il faut bien comprendre que, même si les rêves montrent des scénarios sexuels, leur sens n’a rien à voir avec votre vie sexuelle physique, charnelle, mais parle de votre vie psychique.

 

Lors de cet atelier, vous verrez d’abord ce que signifie l’image de l’homme et de la femme dans les rêves et comment distinguer si l’image désigne une personne extérieure ou une facette de vous-même. Vous apprendrez alors ce que signifie l’image du partenaire amoureux : votre partenaire actuel, votre ex, le chef, le collègue, la personne du même sexe, un personnage célèbre, un animal, son père  ou sa mère ; ce dernier point amènera à une comparaison avec l’interprétation psychanalytique du complexe d’Œdipe. Puis, vous procéderez au récapitulé, et, le cas échéant, vous chercherez le sens d’un de ces personnages de vos rêves, à l’aide des explications données.

 

Viendra ensuite l’étude des scénarios heureux : vous découvrirez ce que veulent dire la rencontre, le baiser, le flirt, les différentes caresses, la fellation, le cunnilingus, l’accouplement. Exemples à l’appui, vous comprendrez que ces scénarios n’ont rien à voir avec des prémonitions mais qu’ils représentent une situation symbolique. Vous récapitulerez alors le sens de ces images.

 

L’étude des situations amoureuses difficiles vous amènera à regarder d’abord le sens de la rencontre ratée, l’adultère, le divorce, la peur de l’agression sexuelle, la fuite. Vous ferez ensuite le récapitulé. Enfin seront abordées les images de situations interdites : la pédophilie, le viol, le sadisme.

Ici aussi, sera remise en cause l’interprétation psychanalytique de ces scénarios. Après le récapitulé, vous chercherez le sens d’un de vos rêves où est apparue une image pénible.

 

Le dernier point vous invitera à une recherche personnelle : en tenant compte de ce que vous avez compris, vous chercherez comment mettre en application le message de votre rêve et prendrez alors contact avec vos résistances ou votre heureuse adhésion. Vous saisirez alors que ces scénarios sexuels n’ont rien à voir avec une expérience sexuelle physique. Bien souvent, ils décrivent ouvertement comment vous fonctionnez, comment vous vous aimez vous-même, et acceptez de vivre les différents aspects de votre être, ou  au contraire, comment vous refusez d’être vous-même, et vous vous faites souffrir.

 

Ces rêves qui peuvent mettre si mal à l’aise, vous invitent à vous connaître en profondeur, à comprendre vos différentes facettes et à les laisser coopérer tour à tour, au lieu de rester en conflit. Laisser vivre et concilier vos contraires est l’œuvre alchimique transformatrice dans laquelle les rêves vous conduisent, car eux seuls connaissent votre chemin individuel.

 

 

Catherine Sabourin  (Co-auteurs : Virginie Touchette-Giroux, Monique Lortie-Lussier, pH et Joseph DeKoninck, PhD)

Les rêves durant la grossesse et le post-partum : les défis d’un événement de vie majeur

 

            La grossesse est un événement marquant de la vie, particulièrement pour les femmes qui attendent leur premier enfant. En plus des changements physiques auxquels les femmes doivent s’adapter durant la grossesse, cette période est reconnue pour susciter d’importants bouleversements au niveau psychologique. À cet égard, la recherche démontre que durant la grossesse et le post-partum, les femmes sont à risque de développer divers problèmes psychologiques, plus particulièrement la dépression, qui affecterait jusqu’à 15% des femmes durant le post-partum. Malgré cette forte prévalence et le fait que plusieurs dépressions durant le post-partum soient précédées d’une humeur dépressive durant la grossesse, la détection précoce demeure un défi. Il a été suggéré que, durant la grossesse, certains rêves reflèteraient les préoccupations de l’éveil, et qu’ils pourraient ainsi nous permettre de mieux comprendre le vécu psychologique des femmes enceintes. Récemment, il a même été avancé que les rêves de grossesse pourraient être utiles à la détection précoce des femmes à risque de développer une dépression lors du post-partum.

 

            Nous menons présentement une vaste étude visant à déterminer l’impact de la grossesse sur le contenu des rêves, et à clarifier la relation entre les rêves et les symptômes dépressifs et anxieux, lors de la grossesse et suite à l’accouchement. L’échantillon comprend cent femmes qui ont complété un journal de rêves au cours de trois périodes situées entre le deuxième trimestre de leur grossesse et le mois suivant l’accouchement. De plus, elles ont complété des questionnaires traitant des symptômes dépressifs et anxieux lors de chacune de ces trois périodes. Le groupe de comparaison se compose d’un nombre équivalent de femmes non-enceintes, recrutées dans le cadre d’une étude normative sur les rêves des canadiens.

 

            Les résultats préliminaires suggèrent que les rêves de grossesse reflètent les préoccupations des rêveuses, notamment en ce qui concerne leur image corporelle, la naissance et les soins au nouveau-né. Par ailleurs, les symptômes dépressifs de la vie éveillée seraient reflétés dans les rêves par la présence accrue d’éléments négatifs au niveau des émotions, des interactions et des dénouements. Cette présentation portera sur ces découvertes et permettra de mieux comprendre comment les rêves durant la grossesse peuvent refléter l’expérience psychologique des rêveuses et faciliter la détection de leurs préoccupations ou leur détresse.

 

 

Monique Séguin, Infirmière-auxiliaire   

Rêves en fin de vie pour faciliter la grande traversée

 

Grâce à mon travail actuel en tant qu’infirmière auxiliaire dans une maison de soins palliatifs, j’ai commencé à observer les personnes en fin de vie, en réalisant que souvent leurs rêves démontraient clairement là où ils se situaient dans leur état d’être. En effet, mon travail favorise un contact étroit avec le patient ou avec ses proches. De par la philosophie des soins palliatifs, nous adoptons une approche globale qui inclut les aspects physique, émotionnel, social et spirituel. Tous ces points sont pris en considération. L’action d’accompagnement exige une écoute et une présence particulière. Accompagner, c’est aussi marcher à côté de la personne, et pour moi, cela implique de tenter de comprendre où le patient se situe à ce moment précis. Souvent, les mots ne traduisent pas tout à fait ce que le patient peut ressentir ou vouloir exprimer; parfois même, les silences parlent fort.

 

Mon intérêt personnel pour les rêves m’a incité à introduire graduellement cet outil pour tenter d’établir un contact différent soit avec le patient et ou avec ses proches. C’est ainsi que je me suis mise en mode d’observation. Mon constat était simple : dans le quotidien, si dans une situation de crise, le rêve est un outil aidant, il devait sûrement s’avérer utile dans le cheminement d’une personne en fin de vie. Le simple fait d’inviter le patient à faire de beaux rêves au moment du coucher, créait déjà une première étape de communication qui s’exprimait, soit par un regard intrigué, ou par un demi-sourire.  J’ai alors décidé d’être disponible à écouter les rêves le lendemain et à laisser le patient exprimer sa propre perception de ses images oniriques. Puisque le rêve se présente généralement sans faux-fuyant, l’authenticité est au rendez-vous. La réflexion spontanée du rêveur laisse la place à un « ici et maintenant » et à l’émotion ressentie afin d’aller à l’essentiel.  Cette démarche est aussi applicable avec les proches du patient qui seront à l’écoute de leurs propres rêves pour faire le point entre eux et la personne mourante.  Le rêve devient donc un outil de communication à la disposition de la famille et des amis pour mieux profiter de l’opportunité d’être présent à celui ou celle qui se prépare pour la « grande traversée ».

 

Dans cet atelier, je vais présenter quelques rêves qui m’ont été offerts généreusement par des personnes en fin de vie et par leurs proches. J’ai donc pris le temps de noter la progression de leur cheminement respectif et des occasions de rapprochement en cette période sacrée qui précède le grand départ.  D’autres rêves se grefferont à cet exposé, pour présenter le rêve comme un moyen de communication, d’intuition et d’intervention. J’ai aussi observé le fait que la médication ne semble pas influencer le contenu des rêves importants. Je me sens privilégiée d’être en présence de tous ces gens et de pouvoir ainsi recueillir « la dernière moisson ».  C’est d’ailleurs à l’écoute de l’un de mes rêves que j’ai moi-même reçu la confirmation que ma place était auprès de ceux et celles qui sont prêts à entamer la grande traversée de l’ « Autre Côté de la Vie »!

 

 

Valérie Simard 

Traitement psychologique des cauchemars chez les 6-11 ans

 

Malgré de nombreuses études démontrant l’efficacité de la répétition d’imagerie mentale (RIM) pour traiter les cauchemars chez les adultes, une seule a porté sur son utilisation chez les enfants. La présente étude propose une adaptation de la RIM aux enfants où l’imagerie mentale est remplacée par le dessin d’une version modifiée, de n’importe quelle façon, du cauchemar.

 

Plus de 3000 lettres décrivant l’étude ont été envoyées dans des écoles primaires et une clinique pédiatrique de Montréal. Seulement 30 parents ont répondu, dont 19 avaient un enfant (8 garçons/11filles) satisfaisant ces critères d’inclusion : avoir 6-11 ans, absence de troubles neurologiques ou de traitement pharmaceutique/psychologique, détresse associée aux cauchemars.  Chaque dyade enfant-parent s’est présentée à une première rencontre (1h30; n=19) pour s’informer de l’étude et prendre des mesures pré-traitement à l’aide de questionnaires/entrevues validés (dépression, anxiété, détresse). Durant le mois suivant, l’enfant devait rapporter quotidiennement la fréquence de ses cauchemars via un système téléphonique automatisé. À la seconde rencontre (1h00; n=11), il y eut répartition aléatoire dans les groupes contrôle (n=5) et traitement (n=6). Tous recevaient de l’information sur les cauchemars et répondaient aux mêmes questionnaires que lors de la première rencontre, tandis que ceux du groupe traitement recevaient leurs instructions. Le dessin du cauchemar devait se faire tous les jours, jusqu’à ce qu’un nouveau cauchemar survienne. Pour les deux groupes, les cauchemars étaient encore rapportés prospectivement durant un mois. À la rencontre 3 (1h00; n=9), les mêmes questionnaires étaient remplis et les instructions de traitement données aux sujets contrôles.

 

Les deux groupes ne diffèrent pas quant aux niveaux de base d’anxiété, de dépression et de détresse. Tous sujets confondus, l’anxiété diminue entre les rencontres 1 et  2 (8 sujets/11; p<.05). La détresse associée aux cauchemars décroît également entre ces rencontres (6 sujets/9; p<.05). Toutefois, aucune diminution des symptômes n’est observable entre les rencontres 2 et 3. Le niveau de dépression ne varie jamais, mais demeure sous le seuil clinique. Quant à la fréquence des cauchemars, les parents sont plus nombreux à percevoir rétrospectivement une diminution entre les rencontres 2 et 3 (n=7/9) que 1 et 2 (n=5/10). Les rapports prospectifs des enfants révèlent une diminution de la fréquence               pré-traitement chez 8/16 sujets, dont 5 voient leurs cauchemars cesser dans la 4ème semaine. La fréquence demeure inchangée dans les autres cas (8/16). Après la rencontre 2, une diminution a été observée chez 3 sujets qui présentaient encore des cauchemars (2 expérimentaux; 1 contrôle). Chez les autres (n=8), le contenu de la rencontre 2 n’eut aucun effet sur la fréquence.

 

Les améliorations dans la symptomatologie (anxiété, détresse, fréquence des cauchemars) sont survenues avant la rencontre 2, suggérant que le simple fait d’être inclus dans une étude, sans recevoir d’information ou de traitement, et de rapporter les cauchemars sur la boîte vocale a eu un effet thérapeutique suffisant pour éliminer les cauchemars dans la plupart des cas. Les résultats suggèrent aussi que les parents auraient une perception biaisée quant à la fréquence de cauchemars de leurs enfants.

 

Personnes ressources

Hôte : Layne Dalfen, layne@dreamsdocometrue.ca

Directrice du programme anglais: Laurette Dupuis, ldupuis6@yahoo.ca


Directrice du programme Francais: Nicole Gratton, info@nicole-gratton.com

 

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